À six heures À Lyon, Luc ouvre sa boulangerie à six heures. Aujourd’hui, il ouvre seul, comme toujours. Il pose la clé dans sa poche. Il regarde la porte. Dehors, trois personnes attendent déjà. Jeanne est devant la porte. Paul est derrière Jeanne. Nadia reste près de la rue. Ils viennent chaque matin. Ils viennent à six heures. Luc ouvre la porte. « Bonjour, Luc », dit Jeanne. « Bonjour, Jeanne. Vous allez bien ? » « Oui. Je veux un pain, s’il vous plaît. » « Un pain, oui. » Paul avance. « Bonjour, Luc. Un café et un pain. » « Le café arrive. » Nadia entre la dernière. « Bonjour, Luc. Il reste une baguette ? » « Il reste une baguette. » « Alors, je la prends. » Luc met le pain sur la table. Il met le café près du pain. Il prend la baguette. La baguette est encore chaude. « Voilà, Nadia. » Nadia regarde l’argent dans sa main. « Combien ? » « Deux euros. » Nadia compte les pièces. Elle pose une pièce sur la table. Puis une autre. Il manque une pièce. « J’ai seulement un euro », dit Nadia. Luc regarde la pièce. Il regarde la baguette. « Tu peux payer demain. » « Demain, oui. Mais aujourd’hui, je n’ai pas assez. » « Je sais. Prends la baguette. » Nadia ne prend pas la baguette. « Non. Je ne veux pas partir sans payer. » Jeanne regarde Nadia. Paul regarde Luc. « Luc, je peux payer pour Nadia », dit Jeanne. « Non, Jeanne. » « J’ai deux euros. » « Garde ton argent. » Paul pose son café. « Je peux payer une partie. » « Non, Paul. » Nadia prend sa pièce. « Je vais partir. » Luc prend la baguette et la pose dans un sac. « Nadia, prends le sac. » « Mais je n’ai pas deux euros. » « Je sais. Tu donnes un euro demain. » « Et si je ne peux pas ? » Luc reste devant elle. « Alors tu donnes un euro après-demain. » Nadia regarde le sac. « Pourquoi tu fais ça ? » « Parce que tu attends devant ma porte chaque matin. » « Je peux attendre sans pain. » « Aujourd’hui, tu prends le pain. » Nadia prend le sac. Elle met sa pièce sur la table. « Demain, je donne un euro. » « Demain, tu donnes un euro. » Jeanne prend son pain. Paul prend son café. Il reste un pain sur la table. « Luc, tu as encore un pain », dit Paul. « Oui. » « Tu le gardes pour demain ? » Luc regarde la porte. Une quatrième personne arrive dans la rue, mais elle continue son chemin. « Non », dit Luc. « Ce pain reste ici. » Il prend un papier. Il écrit avec un stylo : « Pain pour Nadia. » Nadia revient vers la table. « Luc, je peux écrire aussi ? » « Oui. » Nadia écrit son nom sous le mot pain. Puis elle remet le papier près de la caisse. La porte s’ouvre encore. Luc regarde l’horloge. Il est six heures dix. « Bonjour », dit une voix. Luc prend son tablier. « Bonjour. Vous voulez quoi ? »